Le détecteur en cours de fouilles !!
AVANTAGES
ET INCONVÉNIENTS DE LA DÉTECTION
MAGNÉTIQUE
EN FOUILLE ARCHÉOLOGIQUE
AVANT-PROPOS
Je voudrais tout
d'abord remercier M. BLANCHET, M.
PETIT et M. GÉRARD Pour
la confiance qu'ils ont bien voulu me témoigner en me permettant de travailler
en pleine collaboration avec eux dans une spécialité si décriée
: la détection électromagnétique.
INTRODUCTION
Depuis onze ans que
je pratique la détection électromagnétique, j'ai surtout
appris à découvrir de nouveaux avantages, de nouvelles applications
au service de l'archéologie et non des inconvénients.
Toutefois, ces inconvénients
existent.
Le plus important et dénoncé
fort justement par vous tous, c'est le "clandestinage ".
Le second inconvénient
majeur est à mon avis l'utilisation non structurée, non rationnelle
du détecteur.
Je rappellerai tout d'abord
la législation actuelle en matière de détection électromagnétique,
puis je développerai les divers avantages à travers nombre d'exemples
vécus tant en matière de prospection que de fouille.
Enfin, au risque de déplaire
ou de choquer, je tenterai quelques propositions qui me semblent de nature à
remédier d'une part au " clandestinage ", et d'autre part
à servir parallèlement la cause archéologique.
LA LÉGISLATION
EN MATIERE DE DÉTECTEURS
DE MÉTAUX
La loi du 18 Décembre 1989 relative à l'utilisation des détecteurs de métaux
précise dans son article
1 : "Nul ne peut utiliser
du matériel permettant la détection d'objets métalliques,
à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser
la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir
au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée
en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités
de la recherche."
Un récent décret
du 19 août 1991 complète
cette loi dans son titre premier,
article 1 : " L'autorisation
d'utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques,
prévue à l'article le' de la loi du 18 Décembre 1989, est
accordée, sur demande de l'intéressé, par arrêté
du Préfet de la Région dans laquelle est situé le terrain
à prospecter. "
La demande d?autorisation
précise l?identité, les compétences et l'expérience
de son auteur ainsi que la localisation, l'objectif scientifique et la durée
des prospections à entreprendre.
Lorsque les prospections
doivent être effectuées sur un terrain n'appartenant pas à
l'auteur de la demande, ce dernier doit joindre à son dossier le consentement
écrit du propriétaire du terrain et, s'il y a lieu, celui de tout
autre ayant droit
L'arrêté accordant
l'autorisation fixe les conditions selon lesquelles les prospections devront
être conduites.
Lorsque le titulaire d'une
autorisation n'en respecte pas les prescriptions, le Préfet de Région
prononce le retrait de l'autorisation.
A propos de cette nouvelle
disposition, je tiens à manifester mon inquiétude au sujet de
la lourdeur de cette procédure qui retarde les interventions sur le terrain.
Dans le cadre de fouilles
ou de sauvetages, ne peut-on pas considérer que les autorisations des
propriétaires des terrains sont obligatoirement délivrées
avant l'ouverture des recherches et que dans ces cas précis, seul l'accord
du Directeur des Antiquités Historiques suffit pour l'utilisation du
détecteur sur ces chantiers, accord avalisé ultérieurement
si nécessaire par le Préfet selon les dispositions légales
?
En revanche, dans le cadre
des prospections, je trouve cette disposition, quoique contraignante, tout à
fait justifiée ; elle oblige en effet à planifier longtemps à
l'avance les prospections envisagées car il n'est pas rare en milieu
rural que de multiples parcelles contiguës soient réparties entre
de nombreux propriétaires et exploitants.
Force est de constater
que la loi en ce domaine n'a pas dissuadé et ne dissuadera pas les "poêles
à frire clandestines" de battre la campagne, voire même de
sillonner allègrement les sites déclarés, quand elles ne
s'installent pas sur un chantier en cours de fouille.
Alors, comme il n'est pas
possible d?obtenir des autorisations facilement, je préconiserai que
chaque association, habilitée à l'instar du GERAME, dispose d'une
section "PROSPECTION-DÉTECTION-, moyennant bien entendu l'adhésion
de prospecteurs "de bonne moralité" qu'il appartiendra aux
présidents d'association d'agréer ou non.
Pour éviter tout
débordement, seuls le responsable de cette section et son suppléant
seraient munis d'habilitation assortie d'autorisations du S.R.A., et maintenant
du Préfet, propres à chaque prospection envisagée.
Cela suppose, bien entendu,
que le responsable et son suppléant aient eux-mêmes une connaissance
suffisante en matière de fouille archéologique afin de former
et de sensibiliser les adhérents de leur section aux divers aspects de
la prospection.
Ces sections étant
ainsi constituées, il importe qu'elles ne se dispersent pas en actions
isolées mais qu'au contraire, elles agissent suivant un programme bien
structuré comportant à la fois des opérations de prospection,
de sauvetage ou de fouille.
LES POSSIBILITÉS
ET AVANTAGES DU DÉTECTEUR DE MÉTAUX
A - La prospection
Afin d'éliminer
les prospecteurs clandestins, une prospection systématique de tous les
sites actuellement connus devrait être faite de façon méthodique,
destinée à établir sur plan un inventaire détaillé
des trouvailles réalisées.
Ces inventaires seront
mis ultérieurement à disposition de toute fouille programmée
venant à s'ouvrir sur les lieux.
Outre la prévention
sur les sites déjà connus, la prospection électromagnétique
se fixe d'autres objectifs
1 - Elle permet de préciser la nature et la datation des sites connus, grâce à un inventaire
plus complet et plus détaillé des objets s'y rattachant.
2 - Elle permet également
de faire le suivi des sites :
En effet, chaque labour
apporte en surface de nouveaux éléments. Un passage de la sous-soleuse,
grande destructrice de sites, est encore plus spectaculaire et m'a permis de
déceler par exemple sur la commune de Videlles un dépôt
monétaire du IV siècle.
3 - En fin, elle
permet la localisation de nouveaux sites :
Cela suppose l'étude
méthodique des cartes IGN au 1/25000', tant sur le plan de la topographie
que sur celui de la toponymie. C'est ainsi que le toponyme "la Masure "
indiquant très souvent la présence de sites antiques nous a permis
de localiser à Mondeville divers habitats très étendus.
Dans ce cas précis,
la poterie était très fragmentée et peu abondante mais
la détection électromagnétique nous a permis, grâce
à nombre de monnaies bien localisées, de distinguer sur plan dans
l'attente d'une fouille éventuelle 4 secteurs différents
- une zone gauloise ;
- une zone gallo-romaine
du II ème siècle ;
- une zone gallo-romaine
du IV ème siècle ;
- une zone carolingienne
et médiévale.
Cette activité de
prospection s'avère donc très positive en matière de prévention
ainsi que dans le cadre de l'établissement et de l'affinement des données
de la carte archéologique.
B - Le sauvetage
S'il est un secteur où
le détecteur de métaux s'avère être l'allié
indispensable de l'archéologue, c'est bien celui de la fouille de sauvetage,
puisqu'il interviendra efficacement en agissant rapidement pour devancer les
clandestins, et en fournissant nombre d'éléments très précieux
pour déterminer la nature et la datation du site : monnaies clairsemées
ou dépôts monétaires, différents types de fibules,
dépôts d'armes, d'outils ou objets divers...
Un exemple tout récent
illustre bien l?intérêt du détecteur en fouille de sauvetage
- il s'agit du site de la Chardonnière, à SaintPierre-du-Perray
Ou je suis intervenu après décapage par les engins mécaniques.
Le site semblait vraiment se limiter à une zone très arasée
dans sa partie droite et le sauvetage arriver à sa fin lorsque la répartition
des monnaies à la périphérie du site m'incita à
poursuivre de façon plus insistante mes investigations dans la partie
gauche alors couverte par d'énormes buttes de remblais. Un écho
très important et profond à la lisière de ces buttes nous
permit de mettre au jour tout d'abord une passoire à vin en bronze archéologiquement
complète, similaire à celle trouvée aux Mureaux et conservée
au musée de Guiry-en-Vexin, trouvaille suivie bientôt d'un ensemble
d'attelage en fer de plusieurs dizaines de kilos, ainsi que nombre de poteries
diverses, pour la plupart entières et cassées sur place.
Nous décidâmes
alors de faire enlever les buttes par les engins, ce qui nous permit de mettre
au jour d'abord un important mobilier, dont 140 monnaies, ainsi que les murs
de l'habitat et diverses fosses très denses en matériel...
C - La
fouille
De nombreux exemples de
l'utilité du détecteur peuvent être évoqués.
Ils varient bien sûr selon le type de fouille, selon son étendue,
sa durée et le type de sol fouillé.
Je propose trois interventions
bien structurées et toutes aussi nécessaires.
Avant la fouille
- Prospection systématique
de surface de toute la zone à fouiller après décapage,
avec collecte des éléments localisés et fichage pour localisation
sur plan.
Nombre d'entre vous seront
contre cette pratique jusqu'au jour où, ayant reçu la visite de
clandestins, ils connaîtront la frustration et la vaine révolte
qu'engendre la vision d'un trou béant creusé à la hâte
et dont on ignore le contenu.
Pendant la fouille
passage systématique
tous les cinq centimètres afin de percevoir les échos d'éléments
très petits tels que bijoux, détritus, clous de chaussure, etc.
L'attention du fouilleur
est alors mobilisée ; il sait qu'il y a un élément
métallique dont la nature est déterminée à l'avance
(ferreux ou non !)
L'objet localisé
reste en place; le fouilleur le prélèvera après estimation
du contexte de la trouvaille.
Dans le cas d'objets fragiles
(monnaies, fibules, statuaire, outils, etc.), c'est une garantie supplémentaire
de préservation.
Une application particulière
du détecteur s'illustre dans la fouille des nécropoles.
L'exemple m'a été
fourni par la fouille de la nécropole de Chantambre à Buno-Bonnevaux,
menée par M. Louis GIRARD, et à laquelle j'ai eu la chance de
participer pendant quelques années.
Sans dévoiler tous
les secrets des recherches effectuées par M. GIRARD, je dirais qu'en
dehors des inhumations de nouveautés effectuées dans des jarres
ou demi-jarres, des crémations (une seule urne funéraire en verre
à l'époque de ma participation), des corps jetés, l'ensemble
des inhumations est constitué soit de corps déposés sur
des brancards, en grande majorité, soit de corps déposés
en cercueils.
Dans ces deux derniers
cas, les clous fixant soit les éléments du cercueil, soit les
éléments du brancard sont déterminants, toutes les boiseries
ayant bien évidemment disparu.
A l'époque, il y
avait déjà 600 ou 700 tombes allant de 0,50m à 2,50m de
profondeur; or, on ne peut raisonnablement descendre 2,50 m à la truelle,
même si c'est dans du sable par 600 ou 700 fois, donc descente préliminaire
à la pelle et à la bêche.
Ensuite apparaît
la tache sombre indiquant le remblai de la tombe. Le détecteur passé
dans ce sol régulièrement à plat tous les 15 cm permet
de repérer immédiatement les alignements de clous que l'on dégage
alors en douceur à la truelle. Il est ainsi aisé de distinguer
les cercueils avec un premier niveau de clous, tête en haut, pointe en
bas.
Pour les brancards, la
perception des clous au second niveau a un rôle de préservation
supplémentaire du mobilier.
Même localisé,
rien n'est plus facile à faire " valser" qu'un clou et
pourtant l'intérêt statistique entre nombre de cercueils et nombre
de brancards n'est pas à négliger.
Encore à Chantambre,
s'agissait-il de sable; que devient ce premier niveau de clous dans une fouille
au sol compact, cendreux ou collant?
Après la fouille
:
Une fois faites la prévention
préliminaire et la localisation en cours de fouille, reste l'ultime vérification
: la prospection systématique des déblais. J'entends déjà
les tollés des fouilleurs, forts de leur expérience et sûrs
de leur ?il de lynx : " Un bon fouilleur ne doit rien laisser passer! "
Si cette remarque est théoriquement
vraie et s'impose à l'esprit du professionnel, il n'en demeure pas moins
vrai que la réalité sur le terrain est toute autre. Cela dit sans
vouloir blesser ni critiquer qui que ce soit, force est de constater que l??il
et la main humaine, fussent-ils de professionnels sont loin d'être infaillibles!
Les nombreuses trouvailles réalisées par mes collègues
et moi-même sur divers chantiers ne peuvent qu'appuyer mes propos.
C'est pourquoi j'invite
les responsables de chantiers archéologiques désirant associer
à leurs recherches la détection électromagnétique
à éviter dans la mesure du possible la constitution de tas de
déblais anarchiques, où l'on retrouve pêle-mêle, papiers
argentés, boîtes de conserve et autres objets...
En outre, chaque tas de
déblais devra correspondre à un "fichage" donné
(c'est un élément de corroyage, A 1, A 2, etc.; c'est un fond
de cabane, c'est une fosse, etc.).
Il convient de considérer
que certains sols sont plus difficiles que d'autres à fouiller. Outre
le fait qu'un fouilleur reste un Homme et que malgré son expérience,
la fatigue aidant, son attention peut parfois se relâcher, nous avons
pu constater que les sols à terre très grasse ou argileuse, soit
trop humides, soit trop secs, voire même les comblements cendreux et humides
sont particulièrement propices au rejet dans les déblais d'éléments
très intéressants (petits outils ferreux, monnaies, fibules, etc.).
Dans ces sols, le tamisage
est impossible, sauf sous l'effet d'un jet d'eau, mais encore faut-il beaucoup
d'eau et du temps.
Dans les sols gras très
secs, il faudrait casser les mottes une par une, ce qui est pratiquement impossible
pour les mêmes raisons que ci-dessus.
Dans les sols gras très
humides, vous avez neuf risques sur dix de laisser passer nombre d'objets.
Une particularité
se présente encore avec les sois très cendreux et humides.
En effet, les objets métalliques
soumis à l'acidité de ce type de sol sont enrobés dans
une véritable gangue très dure qui extérieurement présente
une parfaite analogie avec le soi dans lequel ils se trouvaient, ce qui incite
à les confondre avec une motte de cendre durcie ou avec une scorie. En
fait, les objets, débarrassés de cette gangue, s'avèrent
souvent bien préservés.
Par exemple, à Saint-Germain-les-Corbeil,
les déblais issus du comblement de la cave gallo-romaine ont livré
des dizaines de monnaies du début du IV ème siècle, de
même que ceux provenant du remplissage d'une grande fosse du le, siècle,
où ont été retrouvées deux fibules.
Un dernier détail
à signaler
- quand vous aurez bien
dégagé les murs arasés de votre habitat gallo-romain, que
les derniers relevés et clichés auront été effectués,
et juste avant que les bulldozers ne viennent à jamais rayer de la carte
l'objet de votre fouille, osez donc laisser glisser la palette du détecteur
de service sur ces derniers vestiges et vous aurez peut-être la joie,
comme à Saint-Germain-les-Corbeil, de découvrir sous les pierres,
dans l'angle formé par deux murs, un petit dépôt monétaire
d fondation, dont l'importance Pour la datation vous en conviendrez, ne Peut
être niée.
PROPOSITIONS POUR REMÉDIER
AU "clandestinage"
ET RENFORCER LES RANGS DES BÉNÉVOLES
Nous avons vu précédemment
le principe des sections "prospection-détection " à
l'intérieur des groupes archéologiques.
Je souhaiterais vivement
élargir ces sections à ceux que l'on appelle globalement les clandestins,
qui pèchent pour la plupart plus par ignorance et exclusion que par réel
appât du gain.
Il y a actuellement environ
100000 possesseurs de détecteurs de métaux ; pour moi, ce sont
100000 fouilleurs potentiels si l'on veut bien pratiquer l'ouverture, la tolérance
et surtout l'information.
Actuellement j'ai l'impression
que l'on se donne bonne conscience en se retranchant derrière une loi.
Or, depuis que ces lois
existent, le "clandestinage ", continue et continuera et
ce, pour deux raisons majeures : - la principale, c'est la passion, le goût
de la recherche et la joie de la découverte, autant d'aptitudes qui conviennent
à merveille à l'archéologie.
- la seconde, plus terre
à terre, est qu'un détecteur de haut de gamme coûte très
cher (environ 10 000 F aujourd'hui), et que le prospecteur rêve, sans
trop y croire d'ailleurs, qu'il pourra atténuer ou amortir par ses trouvailles,
le coût de son acquisition.
. Je constate depuis dix
ans que par refus de dialoguer, de chercher une solution de compromis qui satisferait
toutes les parties, nombre de découvertes ont échappé et
échapperont encore à la connaissance de tous.
Combien de merveilles dorment
dans les tiroirs et les placards de collections privées parce qu'il n'y
a pas d'alternative ?
Combien de sites gaulois
ont ainsi été localisés par exemple en forêt de Sénart;
or seules les monnaies et les fibules, voire les armes, permettaient d'indiquer
précisément l'existence de ces sites car l'épaisse couche
d'humus les rend invisibles à la prospection visuelle.
Pour quelques monnaies
à déclarer, ce sont donc tous les sites correspondants qui échappent
à la connaissance, leur localisation ne pouvant plus s'effectuer désormais
que de façon fortuite, lors de travaux.
Alors au risque de choquer
nombre d'entre vous, je me dis qu'en acceptant de "donner" un peu,
notre patrimoine, sur le plan des découvertes archéologiques,
y gagnerait beaucoup.
Il y gagnerait aussi certainement
sur le plan des renforts apportés aux rangs des bénévoles
et pas seulement dans le cadre étriqué de la seule détection
électromagnétique.
Je suis moi-même
venu à l'archéologie par la détection électromagnétique
et je demeure persuadé que nombre de ceux que l'on appelle les clandestins
seront demain les plus passionnés des fouilleurs si l'on pratique l'information,
la formation et l'ouverture.
Voici donc les propositions
que j'ose émettre devant cette assemblée :
- il convient tout d'abord
de réglementer et de contrôler l'utilisation de ces appareils.
Ainsi, le prospecteur utilisant un détecteur de métaux, devra
donc obligatoirement adhérer à une association archéologique
habilitée, comportant une section de recherches pratiquant la détection
électromagnétique;
- le responsable de cette
section tiendra un fichier des membres participants; ce dernier sera communiqué
ainsi que sa mise à jour au S.R.A. de la région Ile-de-France;
- seuls, le responsable
de la section locale ainsi que son suppléant seront assermentés
et pourront disposer d'une autorisation légale à présenter.
le cas échéant, aux autorités locales;
- une connaissance préalable
des techniques de fouille devra être assimilée avant la pratique
sur le terrain; cela supposera avant toute adhésion, la participation
attestée à divers chantiers de fouille;
- avant le début
d'une année de prospection, une liste des divers projets de recherches
envisagés pour la saison, comportant les coordonnées précises
des cartes IGN concernées, devra être soumise à l'examen
du S.R.A. par chaque responsable de section.
En retour, les listes seront
complétées par un accord ou un refus selon les cas, et mentionneront
en particulier, s'il s'agit d'un site déjà déclaré
ou non.
Toutefois, ces listes ne
sont pas exhaustives et pourront être assorties d'autorisations spéciales
lors de cas ponctuels de découverte fortuite ou de recherches de sauvetage,
par exemple, nécessitant une intervention urgente.
Les participants s'engagent
à déclarer systématiquement, sous couvert du responsable
ou de son suppléant, toutes les découvertes réalisées,
à savoir :
- fiche signalétique
du site (avec photocopie carte IGN)
- rapport détaillé
- tous éléments
recueillis : poteries diverses, éléments métalliques (outils,
vaisselle, monnaies, etc.), fragments de verre, ossements, outils lithiques...
Tout manquement à
ces principes entraînera l'exclusion définitive du membre fautif
de la section locale, nonobstant les poursuites réglementaires.
En ce qui concerne la dévolution
des objets découverts, trois cas sont à envisager :
1 - Le S.R.A. demande l'intervention sur une présomption de
site ou sur un site déclaré mais comportant un nombre insuffisant
d'éléments :
La totalité des
trouvailles effectuées revient de droit au S.R.A.
2 - La section, locale découvre un nouveau site non répertorié
:
Elle est réputée
inventeur de cette découverte. La déclaration de site est effectuée
dans les conditions habituelles. La totalité des trouvailles est remise
au S.R.A. pour examen et inventaire; cette mise en dépôt ne pourra
excéder deux ans. La section locale peut revendiquer pour les objets
réputés de valeur et tout particulièrement pour les monnaies,
le statut d'inventeur. Selon la législation actuellement en vigueur pour
les découvertes de trésor, l'inventeur, sous réserve qu'il
ait obtenu l'accord du propriétaire des lieux, est réputé
avoir droit à la moitié de la valeur de sa trouvaille, l'autre
moitié revenant au propriétaire. A l'issue du délai de
deux ans précité, les découvertes sont mises à disposition
de l'inventeur et du propriétaire.
En cas de vente, l'Etat
pourra exercer, comme à l'accoutumée, son droit de préemption.
Les modalités de
répartition entre les membres de chaque section du produit de la vente,
le cas échéant, pourraient s'inspirer des critères essentiels
suivants : - 50% pour le propriétaire des lieux, - 10% pour le groupe
archéologique dont dépend la section,
- 10 % seraient destinés
à l'auteur effectif de la trouvaille sur le terrain, - les 30% restant
seraient répartis de façon égale entre tous les membres
de la section, y compris l'auteur de la trouvaille susvisé, mais assortis
d'un coefficient d'assiduité aux sorties effectuées permettant
d'assurer un maximum de participation.
3 - Cas d'une trouvaille fortuite n'ayant aucun rapport avec le site
lui-même (dépôt isolé de tout contexte ou objet perdu)
:
- que les recherches aient
lieu à proximité d'un site déclaré ou non, la section
réalisant la trouvaille peut en revendiquer l'invention;
- exemple : à la
suite d'une demande d'intervention sur un site gallo-romain, un prospecteur
découvre à proximité du site, un dépôt de
l'époque napoléonienne!
Cette proposition de statut
présente, pour l'ensemble des parties, divers avantages.
Pour le S.R.A. - mise à disposition d'un contingent de
quelque 100000 fouilleurs Potentiels bénévoles;
Suite
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