avantages et inconvénients 2/2
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- mise à disposition de Prospecteurs avertis et formés,
et par conséquent d'un matériel efficace et très onéreux,
pour le contingent des candidats ayant satisfait à l'épreuve probatoire
de familiarisation avec l'archéologie et les méthodes de fouille;
- possibilité d'intervention immédiate
d'autant d'unités que possible en cas de site menacé ou de demandes
de données plus affinées sur un site donné; - quel que
soit le cas de figure, déclaration systématique de toutes les
trouvailles réalisées en Ile-de-France et plus précisément
dans leur contexte.
Pour les prospecteurs
- mis à part quelques spécimens douteux,
les prospecteurs sont plus fortement attirés par le plaisir de chercher
et de découvrir que par l'appât du gain proprement dit.
Dans notre société ou tout est orchestré
et contingenté, c'est comme une bouffée de liberté, d'aventure
à la porte de chez soi.
Il y a fort à parier que si ce projet trouve
crédit, nombre de trouvailles vont sortir des placards et être
enfin connues du S.R.A. et répertoriées dans leur contexte.
Depuis onze ans que je pratique la prospection électromagnétique,
tout en mettant en pratique ce que je préconise, à savoir la déclaration
systématique des sites et des trouvailles réalisées, j'ai
rencontré de nombreux chercheurs et je peux affirmer que 99% d'entre
eux ne vendent pas leurs trouvailles, mais qu'ils n'ont rien pu déclarer
à cause de l'interdit et de la peur des représailles.
Il est à remarquer d'ailleurs que l'interdiction n'a
pas supprimé la pratique de la détection libre.
Les seuls à bénéficier de cette
interdiction sont sans doute les petits "antiquaires" véreux
fort habiles à gruger les quelques prospecteurs non avertis, désireux
de monnayer leurs trouvailles en cachette, bien souvent d'ailleurs pour réinvestir
dans un détecteur plus perfectionné. Autant de trouvailles définitivement
perdues pour l'archéologie ainsi que les sites correspondants. On ne
pourra pas empêcher qu'en chaque prospecteur, comme en chaque fouilleur
d'ailleurs, subsiste le fantasme d'une magnifique trouvaille.
En fait, sur le terrain, la réalité est toute
autre : une détection de six ou huit heures est extrêmement dure
physiquement; elle nécessite endurance, persévérance, patience,
esprit d'initiative, pour des résultats souvent nuls ou anodins.
Mais l'important c'est le rêve, et pourquoi tuer le
rêve puisque c'est lui qui sert de moteur à cette passion qui pousse
à chercher, à imaginer, en faisant preuve de perspicacité,
d'esprit d'observation.
Ce moteur, c'est toute l'énergie, tous les bras, toutes
les têtes que le S.R.A. pourrait utiliser à des fins positives
tant pour lui-même que pour les chercheurs.
Dans la réalité, même si lestrouvailles
de dépôts monétaires ou d'objets précieux existent,
il faut bien admettre qu'elles représentent une infime partie de tout
ce qui pourrait être inventorié par ce procédé de
recherches; sans compter qu'elles peuvent à tout moment être faites
et non inventoriées.
Pourquoi ne pas prévenir plutôt que guérir;
l'incitation contrôlée plutôt que l'interdiction incontrôlable
me semblerait à caractère nettement plus positif.
Quant au problème des dégâts occasionnés
par les prospecteurs, une longue pratique personnelle me permet d'affirmer que
la quasi-totalité des trouvailles est réalisée soit pratiquement
en surface soit jusqu'à une profondeur maximum de 20 à 30 cm,
sauf dans le cas d'un volume de métal très important.
Or, nous savons que le soc d'une charrue actuelle descend
en moyenne à 35 cm ou 40 cm, quand ce n'est pas la sous-soleuse, danger
bien réel celui-là pour les sites, qui défonce allègrement
le soi jusqu'à 80, voire 90 cm.
Le problème posé par les détecteurs
est demeuré depuis de longues années dans l'impasse par suite
du refus d'assimiler les trouvailles réalisées à l'aide
d'un détecteur à une découverte fortuite, et Pourtant quelle
est la différence ?
Un quidam qui trouve un dépôt monétaire
en faisant des travaux n'est pas plus propriétaire que celui qui le trouve
en pratiquant la détection et pourtant, dans un cas, l'Etat lui reconnaît
la possession de la moitié ou de la totalité s'il est propriétaire
et dans l'autre cas, rien et des poursuites judiciaires.
On joue sur le mot fortuit mais l'utilisateur du détecteur
sait-il bien davantage que l'ouvrier précité qu'il va réaliser
une trouvaille? C'est le hasard, aidé sans doute, mais hasard toujours!
L'important est en fait que le S.R.A. puisse contrôler
et animer les recherches et recenser les trouvailles réalisées;
personne n'a voulu vraiment envisager un accord en ce domaine et personne n'en
sort gagnant alors que les deux parties pourraient l'être et solidairement.
Si les paragraphes 2 et 3, concernant la dévolution
des découvertes réalisées sur un site peuvent paraître
choquants et difficiles à admettre, il n'en demeure pas moins qu'ils
restent la clef qui solutionnera ce problème resté en suspens.
Est-ce trop demander que de laisser rêver le prospecteur qu'il pourra
un jour, peut-être, être indemnisé partiellement de son achat?
Toute peine mérite salaire; les fouilleurs et les
prospecteurs bénévoles n'en demandent pas. Toutefois, si l'achat
d'une truelle et d'un pinceau ne nécessite pas un gros investissement,
l'acquisition d'un détecteur de métaux fiable, de haut de gamme,
nécessite un investissement d'environ 10 000 F; ces appareils étant
très fragiles, on peut considérer qu'ils doivent être renouvelés,
en moyenne, tous les cinq ans.
Si la prospection électromagnétique est reconnue
et contrôlée dans les conditions que je viens de définir,
le chercheur se sentant mandaté et investi d'une mission, se sentira
plus concerné et responsable; il ne sera plus le pilleur que l'on décrie
mais l'un des acteurs de l'aventure archéologique moderne.
La reconnaissance du statut d'inventeur n'étant requise
que pour les sites non déclarés, il va sans dire que les trouvailles
susceptibles d'être réalisées sur ces derniers ont toutes
les chances d'être insignifiantes en pourcentage par rapport à
celles qui seront réalisées sur des sites actuellement connus.
Ainsi serait réglé ce problème de la
peur ou de la chasse des clandestins puisque tous les sites, à l'initiative
du S.R.A., seraient systématiquement passés au peigne fin, rendant
vaines toutes prospections sauvages ultérieures.
Il n'y aurait plus d'un côté les vrais fouilleurs
et de l'autre les clandestins, mais bien deux équipes solidaires et complémentaires
?uvrant pour un même but : la connaissance archéologique.
En annexe à ces propositions, et dans le cadre du
droit de préemption exercé par l'Etat, je propose une taxation
des détecteurs de métaux.
Cette taxe, d'un montant modique, voire 100F, serait perçue
annuellement.
Le produit total de cette taxe pourrait donc s'élever
en théorie à :
1000F x 100 000 détecteurs = 10 000 000 F.
Cette somme pourrait être affectée au crédit
du budget de l'archéologie, et pourrait donc être utilisée
pour permettre à l'Etat d'exercer son droit de préemption, le
cas échéant, sans pratiquement bourse délier.
En effet, il s'agirait en somme d'un mouvement de compensation
qui satisferait toutes les parties :
- la taxe payée par les prospecteurs alimenterait
donc une sorte de fonds commun affecté à l'exercice du droit de
préemption en particulier, et à divers autres projets et réalisations
archéologiques en cas d'excédent en fin d'exercice.
- l'Etat et particulièrement la direction de l'archéologie
exercerait un contrôle efficace : du parc des détecteurs détenus
en France, de toutes les découvertes effectuées sur le territoire.
Ce Projet, contrairement à une interdiction pure et
simple, entraînerait un accroissement certainement très sensible
des découvertes, parfois spectaculaires, réalisées en France
et aurait l'avantage de mettre un terme à la détection sauvage
actuellement pratiquée.
Il aurait également l'avantage, plutôt que l'interdiction
toujours mal ressentie et souvent négative, de rallier à la cause
archéologique nombre d'unités, tant en hommes qu'en matériel.
La pratique de la détection ne pouvant désormais
s'exercer que dans le cadre d'une équipe archéologique structurée
et compétente, supervisée et contrôlée efficacement
par le Service Régional de l'Archéologie (S.R.A.), il n'y aurait
plus à redouter d'éventuelles déprédations incontrôlables.
CONCLUSION
Aux détracteurs
et aux réfractaires qui demeureraient résolument incrédules,
je rétorquerai que mes remarques sont fondées sur des observations
réelles faites ponctuellement par un homme de terrain.
Loin de moi l'idée
de vouloir donner des leçons à des archéologues qui possèdent
à la fois le savoir, la compétence, dans cet immense domaine de
la connaissance des civilisations, dont je dois humblement reconnaître
que je suis dépourvu.
Bien sûr, la détection
électromagnétique n'est pas l'archéologie, comme on me
l'a si souvent et fort justement dit, mais je voudrais simplement convaincre
les archéologues dont beaucoup, sans doute des précurseurs, le
sont déjà, que la détection magnétique ne doit plus
simplement donner lieu à un concert d'indignation mais qu'elle doit,
bien au contraire, sous réserve de certaines garanties ci-dessus énoncées,
être promue à un rôle de complémentarité indispensable
tant en matière de prospection que de fouille.
Ainsi ai-je appris qu'en
Allemagne, décidément toujours en avance, sur certains chantiers,
chaque fouilleur dispose individuellement d'un détecteur qu'il passe
sur le sol, au fur et à mesure de sa progression. Non, la "poêle
à frire" n'est pas l'ennemie de l'archéologie, elle est un
adjuvant, un outil complémentaire, au service de l'archéologie
moderne.
Mon souhait serait une
collaboration étroite entre deux équipes solidaires, oeuvrant
pour un même but : la connaissance archéologique.
Nous savons tous que cette
connaissance du passé est aussi, bien souvent, la connaissance de notre
devenir.
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Bernard LENOBLE 1991
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